Commission consultative des services publics locaux du 17 octobre 2014

Exceptionnellement, la CCSPL du SIGERLy du 17 octobre 2014 a eu lieu au showroom « Smart Electric Lyon ». La présentation des différentes expérimentations autour des réseaux électriques intelligents « les smarts grids », ont alimenté plusieurs débats parmi les élus et associations présentes, notamment quel impact financier et quelle valeur ajoutée pour le consommateur ?

Cette session « exceptionnelle » a débuté par une présentation de l’intérêt à développer des outils basés sur les systèmes électriques intelligents pour mieux gérer son énergie. Plusieurs défis de taille sont à relever pour réussir le passage au « smart » électrique, notamment comment financer les investissements nécessaires et quel coût pour le consommateur.

Le SIGERLy a souhaité être partenaire de Smart Electric Lyon pour associer les communes de son territoire à divers projets dans le domaine des smart grids. Cette nouvelle manière de penser la distribution d’énergie devrait permettre de réduire jusqu’à 40% la consommation électrique dans les villes et de répondre aux enjeux de la transition énergétique et de la lutte contre la précarité.

Citons par exemple les communes de Vénissieux, Sathonay-Village, Vernaison ou encore Décines dont quelques sites sont ou vont être instrumentalisés afin d’envisager la mise en place d’une politique d’effacement.

En quoi consiste l’effacement de consommation ?

C’est un outil d’optimisation de la consommation d’électricité qui permet d’une part de soulager les tensions sur la demande aux heures de pointe et d’autre part d’écrêter les pics de consommation sans avoir recours à des sources de production supplémentaires.

Cela peut se passer par diverses actions comme baisser l’intensité des lampadaires publics, différer des consommations chez les habitants, ou par des interruptions de très courte durée sans altérer le confort.

L’effacement est facilité par l’émergence des réseaux intelligents qui permettent le pilotage à distance des équipements par le gestionnaire du réseau et qui rend communicants les objets de la maison, bureaux ou bâtiments publics, des appareils électriques mais aussi thermostats. Ainsi tous les objets à consommation peuvent être maîtrisés et ajustés en fonction des usages et des modes de vie.

Pour information : Le 5 juillet 2014, le gouvernement a publié au journal officiel un décret relatif aux effacements de consommation d’électricité. Ce texte fixe « la méthodologie utilisée pour établir les règles permettant la valorisation des effacements de consommation d’électricité sur les marchés de l’énergie et sur le mécanisme d’ajustement ».

Néanmoins, comme il a été soulevé au cours de cette CCSPL, quelle est la place du consommateur ? Comment le rendre acteur et concerné par ces nouveaux outils ?

En effet, le succès du déploiement des réseaux électriques intelligents est de rendre le consommateur final « acteur » et « actif » de ces nouveaux services !

Pour l’heure, cependant, la perception des enjeux et opportunités liés aux smart grids par les consommateurs reste assez confuse. Des études ont démontré qu’ils ont une appréhension souvent positive de l’intérêt des réseaux intelligents mais paradoxalement, ils éprouvent une certaine méfiance et sont notamment préoccupés par la sécurité et la confidentialité des données, ainsi que par le coût engendré par la mise en place de ces nouveaux outils.

Après quelques échanges, certaines étapes clés à franchir sont ressorties pour donner une place active aux consommateurs dans la définition des futurs modèles économiques des réseaux intelligents.

Par exemple :

  • apporter une information plus riche sur la nature et le financement des réseaux intelligents ainsi que la plus-value offerte aux consommateurs,
  • garantir les conditions de conservation et de partage des informations relatives aux usages,
  • multiplier les supports pour accéder aux données de façon à banaliser l’usage des services adossés aux réseaux intelligents,
  • mettre en évidence l’aspect « gain », c’est-à-dire afficher les « euros » économisées au quotidien grâce à une meilleure maitrise des énergies engendrée par l’utilisation des smart grids.

Une dernière question est restée néanmoins en suspens : comment vont être sensibilisés les personnes qui ne sont pas concernées directement par la maitrise en énergie du logement, tel est le cas des locataires, des propriétaires de location ou encore les bailleurs des logements sociaux.